La Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes s’engage « utilement » en faveur de la société, des acteurs du territoire, de l’inclusion bancaire et d’une politique RSE ambitieuse. Entretien avec Ludovic Renaud, membre du directoire en charge du Pôle Banque de Développement Régional.

Ludovic Renaud
Ludovic Renaud, membre du directoire en charge du Pôle Banque de Développement Régional. Crédit photo : Olivier Panier des Touches

Depuis combien de temps avez-vous lancé une démarche structurée RSE ?

En 2013, nous avons été précurseurs sur le sujet. En tant que Caisse régionale, il était essentiel pour nous de prendre la responsabilité de notre impact environnemental sur la société et de développer une vision 360° de la RSE. Cette feuille de route nous a permis d’être la première banque régionale de France à bénéficier de labels exigeants comme le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables et le Label LUCIE.

Parmi vos engagements, celui sur la transition énergétique semble occuper une place singulière. Pourquoi ?

La Caisse d’Épargne ainsi que le groupe BPCE, dont nous faisons partie, se positionnent comme des acteurs majeurs de la transition énergétique. Cela implique de nous montrer exemplaires, non seulement en termes d’émissions carbone (en recyclant par exemple les cartes bancaires de nos clients), mais aussi en termes de captation carbone en replantant chaque année 70 hectares dans nos forêts. En tant que financeurs de l’économie régionale, nous sommes déterminés à accompagner nos clients dans ces démarches, notamment en lançant des produits durables innovants.

Pouvez-vous nous présenter un projet emblématique que vous avez financé en matière de finance durable ?

Nous avons financé un réseau de chaleur issu du traitement des déchets ménagers d’une usine d’incinération, qui alimentera d’ici 2025 en énergie renouvelable la zone d’aménagement Saint-Jean Belcier, à Bordeaux. La participation à ce projet fait d’autant plus sens que le siège social de notre Caisse régionale, lui-même certifié haute qualité environnementale, se situe au cœur de ce nouveau quartier.

Le respect de la planète, la limitation de l’impact, est-ce une conscience de longue date ou bien les contraintes réglementaires et la pression des consommateurs ont-elles contribué à faire bouger les lignes dans vos organisations ?

70 % des Français attendent des établissements financiers une prise en compte des enjeux de développement durable dans leurs propositions. 73 % jugent par ailleurs important que leur épargne soi investie dans des produits financiers respectueux des critères ESG. Mais notre conviction ne date pas d’hier. La preuve depuis 2013, nous avons mis en place une démarche engagée, labellisée et structurée autour de 6 piliers (voir notre encadré). Cette volonté est depuis réaffirmée sur notre territoire où des particularités nous amènent à accompagner nos clients vers leur propre transition avec des offres spécifiques et des expertises dédiées.

Quels sont les nouveaux enjeux ?

Nous partageons l’idée que pour embarquer le plus grand nombre, il nous faut d’abord être exemplaires, c’est pourquoi la RSE a déjà guidé nombre de nos choix en termes d’organisation interne. À titre d’exemple, le papier utilisé par nos collaborateurs est recyclé par un ESAT et cela représente près de 87 tonnes par an ! Les cartes bleues de nos clients le sont aussi, nous avons été la 1re banque de France à proposer ce dispositif, développé par une société locale installée à Bidart, qui permet de recycler 98 % des composants. Beaucoup de choses ont été réalisées et il nous faut poursuivre en amenant toutes les parties prenantes de l’entreprise à rentrer dans cette dynamique.

Dans cette optique, pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?

Nous travaillons en ce moment sur 2 projets assez emblématiques. Le premier consiste à intégrer les critères extra-financiers dits « ESG » dans nos process d’octroi de crédits aux entreprises. Le principe est acté, nous sommes en train de le mettre en œuvre.

Quel est le deuxième projet ?

Le numérique responsable ! Avec 2 500 collaborateurs connectés et des millions de données traitées, nous avons indéniablement des leviers d’optimisation énergétique. Nous venons d’ailleurs de lancer une opération de nettoyage des données numériques c’est une ébauche et il nous faut poursuivre. Mais au-delà du fonctionnement interne, si nous voulons avoir de l’impact, il nous faut intégrer la démarche RSE aussi et surtout dans notre cœur de métier de banquier et d’assureur pour accompagner nos clients dans leur propre transition.

Concrètement comment intégrer la RSE dans votre cœur de métier ? Être un banquier assureur responsable, cela permet-il de nouveaux relais de croissance ?

La RSE doit être intégrée au cœur de nos métiers, notamment le financement et la collecte d’épargne, afin d’orienter les flux de capitaux vers une économie plus durable. Aujourd’hui, il s’agit d’un devoir mais cela constitue également une opportunité avec des marchés en forte croissance, appuyés par les plans de relance français et européen. Au niveau français, notons 3 chiffres clés : 15Mds d’investissements annuels jusqu’en 2050 pour transformer les parcs de logements individuels et collectifs, un plan de relance doté de 2 Md€ sur les énergies renouvelables pour l’hydrogène (et plus de 15 000 projets photovoltaïques finançables en région) et enfin près d’1 million de véhicules à renouveler sous 2 ans (avec une cible 1 voiture sur 10 vendue avec un moteur principalement électrique).

En tant que banque régionale, comment accompagnez-vous vos clients à prendre part à cette transition ?

Tout d’abord, par le financement de projets Énergies Nouvelles et Renouvelables, avec notamment le concours de notre filiale Hélia Conseil. En 2020, nous avons réalisé plus de 160 M€ de financements ENR. À titre d’exemple, nous avons financé le projet de centrale solaire Labarde (le plus vaste projet de ce type au niveau européen). Nous sommes également impliqués dans les SEM « Energie » de Nouvelle-Aquitaine via des prises de participations.

Mais encore…

Nous pouvons le faire aussi par la mise à disposition d’offres spécifiques d’épargne ou de crédit incitant nos clients à réduire leur empreinte carbone, qu’ils soient acteurs économiques ou particuliers. Je citerai par exemple le lancement cet été, du prêt à impact :  ses bénéficiaires verront leur taux d’intérêt bonifié en fonction de leur engagement matérialisés par des critères de performance extra-financière, sociale ou environnementale. Notre leitmotiv est lié à l’ADN des Caisses d’Epargne : accompagner tous nos clients vers leur propre transition, qu’ils soient déjà vertueux ou novices en la matière car c’est ensemble que nous aurons de l’impact.

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